I.
Debout dans sa cuisine, Max saupoudrait sa tranche de colin déchalotes émincées. Il faisait cela machinalement, son esprit était ailleurs.
Fred, son demi-frère, occupait toute la place dans sa tête depuis deux jours, il ne pensait quà lui. Pourtant, la haine navait jamais manqué un rendez-vous du jour ou il était entré dans sa vie. Cela faisait des années quils signoraient totalement, depuis que leur mère avait rejoint leurs pères respectifs au pays des âmes. Max était le plus vieux il vivait seul et venait de fêter, sans que cela soit vraiment une fête pour lui, ses quarante-cinq ans.
Son père, était parti voir le bon dieu la veille de Noël, alors quil navait que huit ans. Cétait dans un grand magasin. Il était tellement charger de cadeaux, que la première marche de lescalier roulant se dérobât sous son pied. Il fit une chute spectaculaire, ce qui gâchât sûrement le réveillon de beaucoup de clients, lesquels au moment de découper leur chapon farci, devaient avoir en tête, le bras de ce pauvre homme, qui après avoir heurté la vitre séparant les escalators, se déchira de son corps pour voler jusquau grand sapin décorant si bien le magasin. Il sy balançait, on aurait sans avoir vu la scène, supposé que quelqu'un ait fait une blague et accroché à larbre de Noël, un faux bras, comme ceux que lon vend à halloween. Mais les gouttelettes de sang qui glissaient sur sa main, gouttaient comme une pluie rouge sur le toit de paille de la crèche. Le corps de lhomme disloqué près des rois mages, offrait un spectacle plus que réel. « Comment le bon dieu, peut-il nous donner rendez-vous au ciel, à cette époque de lannée ? Alors que nous honorons son fils, nous le couvons dans des milliers de crèches, entre des milliers dânes et de bufs. Comment peut-il faire cela à une famille ? » Max avait longtemps songé à cela.
Il se souvient encore des cris de sa mère, des larmes quelle versait des heures durant et qui cessèrent de couler six mois après comme si un robinet intérieur avait tourné dans le bon sens. La main qui fermât la vanne était celle dAlbert, il avait cinq ans de moins quelle et avait prit Max sous son aile, il ne se mêlait jamais de son éducation en disant souvent qua son âge elle était déjà faite qui ne restait que quelques séances de perfectionnement à la bibliothèque de la ville pour parfaire sa culture endroit ou Max passait ses samedi et dimanche après midi.
Et ce qui devait arriver arriva. A dix ans, son cadeau danniversaire fut de découvrir le ventre rond de sa mère. Au début il ne comprenait pas lorsquon lui disait : tu vas avoir un demi-frère, il simaginait voir arriver à la maison, la moitié dun bébé dans un couffin. Mais il comprit vite avec les années, que ce frère était bel et bien entier, surtout pour ses parents qui lui donnaient tout lamour quils avaient en eux ,oubliant quentre sa chambre et la bibliothèque Max essayait en vain den ramasser les miettes.
Mais une fois de plus le destin frappa à la porte ou du moins les gendarmes, Fred navait alors que quatre ans, ils regardaient tous les deux la télévision, cétait un mercredi après midi, depuis la porte dentré un cri retentit Max en bon rat de bibliothèque eut une phrase de Lorca
en tête « Un cri fait vibrer les cordes longues du vent » ,il est vrai que ce fut un éclat de douleur si puissant qu il couvrit même le bruit du plat au décor mexicain que sa mère était en train dessuyer au moment ou elle ouvrit la porte et qui se brisa entre elle et les brigadiers lorsque ceux-ci lui dire, sans trop de management : « Madame une bien triste nouvelle nous amène, votre mari a eu un malaise cardiaque qui lui a été fatal sur son lieu de travail, si cela peut alléger votre peine, il na pas souffert
. »
Le reste ne fut que brouhaha entre les cris de sa maman et du demi-frère qui pleurait sans trop savoir pourquoi.
Puis le temps passât, les week-ends à la bibliothèque se firent rare, bien que de temps à autre il y aille mais par envie et plaisir. Les hivers passaient, les petits bobos, les rhumes, grippes et autres coups de fatigue aux changements de saisons « elle dut en requinquer plus dun ma mère au quinquina » se disait il parfois en pensant aux copains qui défilaient à la maison et à qui elle trouvait toujours une petite mine.
Les années passèrent. Mais même si elle les aimait autant lun que lautre, Max était persuadé que Fred était le préféré. Il faisait toujours tout pour dailleurs. Il la collait et la flattait avec des « tu es la plus belle maman » et des « je me marierai avec toi quand je serais grand » et les bonnes notes quil ramenait du collège puis du lycée. A chaque fêtes des mères ou autres occasions le cadeau de Fred mettait des étoiles dans ses yeux les siens juste une lanterne il grandissait avec une haine certe injustifiée mais bien présente.
A vingt-trois ans il laissât cette mini famille, pour voler de ses propres ailes. Il avait trouvé un travail de comptable dans une petite entreprise, qui ne devint jamais grande, mais dans laquelle il travaillait toujours, et un petit deux pièces en centre ville ou il se sentait seul mais bien. Il allait tout de même les voir très souvent, il se souvient encore dun soir, cela faisait deux ans quil vivait seul, ou pour lanniversaire de sa mère Fred avait acheté une très jolie bouteille de parfum, elle avait la forme dune feuille de thé, il était toujours étudiant et avait dut dépenser toutes ses économies. Au moment où elle ouvrit le paquet on vit sur son visage ce que voulait dire le mot bonheur, on aurait cru quun ange lui avait caressé la joue du bout de son aile. Malgré ses vingt-cinq ans il sentit monter en lui une bouffée de haine lorsquil entendit ces mots : « ho mon chéri que tu est coquin tu tes souvenu de la bouteille que lon a vue dans cette boutique le mois dernier, mais tu as du te ruiner »
Ce « Mon chéri » lui déchirait le cur, ces mots tout mielleux, pleins dun amour ultra maternel quelle disait à ce « merdeux », ce « demi-machin », qui nétait venu sur terre que pour lui dérober l'affection de sa mère. En plus, ils faisaient les boutiques ensemble, comme deux copines. Son cur était comme une éponge que lon aurait laissée sur un radiateur, sec et tordu. Il tenait dans ses mains, la petite boite qui contenait son cadeau, un pendentif dart primitif en bois précieux entouré divoire. Cela ressemblait un peu a une tranche dos à moelle mais il y avait mit le prix et même un très bon prix. Lorsquil lui donna il ne vit quun sourire de joie seulement ça, pas dange ni de lumières dans les yeux. Il se mit en tête, bien au fonds de son esprit, que jamais il ne rivaliserait avec ce rejeton.
Il espaçât ses visites et ne les voyait quun dimanche sur deux. Ils mangeaient ensemble puis vers seize heures il rentrait chez lui. Jamais ni sa mère ni « lautre » navait été chez lui, il aurait pourtant tellement aimé ça.
Après daussi brillantes études, que maman ne cessait de faire reluire, pour que tous les voisins soient éblouis, Fred se prenant pour un grand philosophe, devint écrivain.
Ses deux premiers ouvrages traitaient des déchirements amoureux entre les hommes et les femmes « Le tambour sans braguette » et un an plus tard celui qu le fit mondialement connaître « Seins qui aiment symphonie »avec ses titres ambigus il intéressait les lecteurs avant même quils nouvrent le livre. Max bien sûr ny prêtait même pas attention de toutes façons pour lui lamour sarrêtait au vidéo club du coin.
Puis, elle mourut, la Mama. Ce fut un déchirement pour Max, une impression de ne pas lavoir assez revu ces derniers temps. Sa douleur et surtout sa haine, atteignirent leur
paroxysme, la douleur dabord, il avait limpression davoir loupé quelque chose, un train rempli damour, des tas de wagons bâchés mais que lon laisse partir, restant les yeux baissés sur le quai de la gare. Puis, la haine, au moment ou il jeta sa rose dans la tombe, sur le cercueil elles étaient toutes blanches, on laurait cru tapissé dun nuage, comme pour le rapproché du paradis, cest ce quil avait pensé en demandent ce genre de fleurs. Il était sur que la sienne était dun lumineux pour éclairer son chemin. Et là, sur cet amas de pureté, une rose dun rouge colère, dun vermillon flamboyant, tel un corail égaré on ne saurait comment sur une neige éternelle. La question ne se posa même pas, la star, lécrivain, le petit dernier, celui qui avait été conçut alors que lui brûlait ses yeux dans une bibliothèque froide et austère, entouré de vieux pétant et rotant leurs repas du dimanche midi, toussant leurs vieux crachats mal accroché à leurs bronches fripées, jouant à décoller leur dentiers en faisant des bruits de succions, tout ces livres à lodeur de moisi, à cette époque on ne laissait pas de place aux enfants dans ce genre dendroit, il ny avait pas de salle avec des dessins sur les murs, des BD, des magazines amusants. A cette époque il ny avait que le mercredi après midi où lon passait inaperçu si lon avait moins de seize ans. Les autres jours on était un extra terrestre qui sattirait tout les regards ridés dès que sa chaise grinçait. A cette époque où « Ikea » nexistait pas, ils étaient un peu les précurseurs des « OUVERT LE DIMANCHE »
Malgré ça il avait gardé un amour pour la lecture, mais le comble de tout cela, était que son demi-frère soit devenu un écrivain très populaire, qui aujourdhui brisait par le rouge de sa fleur le dernier lien qui les unissait. Même dans la douleur, il était la vedette. Il se démarquait et effaçait une fois de plus son aîné.
II.
Depuis quatre ans, Max voyait Fred quasiment tous les jours. Sur des magazine, en vitrine dans les « bonnes librairies », à la télé, mais plus dans la vrais vie, depuis le cimetière ils ne sétaient plus donné de nouvelles. Le philosophe avait lentement mais intelligemment pris la pente du romancier commercial. Les ménagères sarrachaient ses romans, des leurs sortie sur les têtes de gondoles des supermarchés et cornaient soigneusement la dernière page lue avant déteindre leur lampe de chevet.
A part ça il navait aucune nouvelle de lui. Un dimanche, il avait décidé daller jusquau patelin à une trentaine de kilomètres de chez lui histoire de voir le grande propriété du prodige. Une fois dans la grande allée face au portail il avait fait demi-tour une boule de haine à lestomac mais en retournant chez lui des pensées folles lui traversaient lesprit des « si on avait cherché à mieux se connaître
,s il avait été moins..., si javais été plus
» puis il se dit que cétait la dernière fois quil viendrait par ici que ce rejeton navait plus donné de signe de vie et quil ne sen portait pas plus mal ,ni mieux non plus dailleurs
Et hier à cinq heures, le « dring » du téléphone larrache de son sommeil.
« Téléphoner à cette heure un dimanche, ce ne doit pas être un humain » pense t il.
Sa main lourde agrippe le combiné et le tire lentement vers son oreille.
-Oui ?
-Max, cest Fred.
Malgré sa surprise il se dit « cest bien ce que je pensais ce nest pas un humain »
-Max
-Oui
-Tu dormais ?
-Bien sur que
-Ecoutes il faut absolument quon se voit. Si tu pars de suite tu es chez moi dans quarante minutes, je sais que tu connais le chemin de la maison, dans les villages les choses te viennent aux oreilles très vites et
.
-Mais tu ne me donnes pas de nouvelles depuis qua
.
-Je ten pris viens, il faut quon parle.
La voix de Fred paraît trembler, il semble être ivre ou en pleine dépression.
-Mais merde, tu dérailles, tu crois que
-Putain, je te demandes de venir, viens, je ten pris, viens.
Sa voix ne tremble plus, il sanglote.
-Bon
La curiosité fait vite place à linquiétude dans lesprit de Max. le demi- lien familial entre eux nest pas vraiment rompu, il sen rend compte et la boule quil a dans lestomac nest plus pleine de haine mais dinquiétude.
-Max, Max
jai vraiment besoins de te voir, de parler de
-Fred ?
Il a raccroché.
Quatre ans sans nouvelles et dun coup comme un ballon qui éclate au visage dun enfant chez Mac Do et qui fait sursauter la moitié de la salle, tout revient dun coup.
Il essaye de rappeler. Au bout de dix sonneries il raccroche, malgré toutes les amertumes quil a accumulé en lui, il se lave, shabille mais ne se presse pas, il prend même le temps de déjeuner puis va chercher sa voiture et file vers la campagne, comme sil avait décidée de se mettre au vert pour la journée. Mais il ny a pas de pique-nique préparé sur sa banquette arrière. Il se souvient que pendant deux ans Fred lui avait envoyer quelques cartes, à son anniversaire, au nouvel an et que derrière lenveloppe, il inscrivait soigneusement son adresse, espérant sûrement une réponse. Cest comme ça dailleurs quil savait où il habitait. Mais la jalousie et la haine, ferment parfois des portes, coupent des route, comme un gros chêne frappé par la foudre, qui laisserait tomber sa plus grosse branche sur la chaussée.
Tout à coup il sent que sa voiture vibre, ne tient plus la route. Il sarrête sur le bas coté, le jour se lève à peine, mais assez, pour voir que la roue arrière gauche est à plat.
Lui, qui ne savait même pas changer une chambre à air sur un vélo, qui na jamais mis les mains sur sa voiture, sauf sur le volant et les portières. Au moindre pépin il la dépose toujours au garage. Mais là, à sept heures quinze, en pleine campagne, il va bien falloir se débrouiller. Il se met à louvrage et pendant quil se bat contre ces énormes boulons crasseux il pense que les quarante minutes que Fred espérait avant quil ne soit chez lui étaient largement dépassées. Il sourit, se disant quau bout de quatre ans ils nétaient plus a une ou deux heures prêts, mais langoisse lui re chatouille lestomac « il avait vraiment lair très mal
»
Il fini tant bien que mal son premier essai de mécano et se dit que ce nest pas si compliqué que ça, puis les mains un peu noires il reprend son chemin.
Il na plus vu de maisons depuis au moins un kilomètre et on les apercevait à peine de la route. Cétait des espèces de fausses fermettes, sans animaux, disposées en quinconce, mais assez espacées les unes des autres, leffet dailleurs, se voyait de la route qui les surplombait et était assez loin, les gens qui y habitaient ne devaient pas ressentir cest espèce demprisonnement que donnait la vue par rapport à la maison qui se trouvait entourée des quatre autres. Mais de loin cétait un peu gênant séparé dun grand pré, cinq autres maisons toujours disposées de la même manière puis plus rien.
Au bout de vingt minutes, il arrive enfin devant le lourd portail, qui aujourdhui est grand ouvert. La dernière fois quil était venu, il navait pas vu le nom de la maison, sur une plaque de marbre, vissée au mur de gauche, était gravé un gros livre, cela faisait presque penser à une pierre tombale et comme une vapeur qui séchappait cet ouvrage, vers le haut de la plaque, était écrit « QUINTECENCE » il se dit quil ne pouvait y avoir quun écrivain, pour avoir une idée pareille et que le ridicule ne tue que ceux que ça dérange. La propriété est assez isolée.
Au bout dune allée de graviers, qui crépitent sous ses pneus, lui donnant limpression de rouler sur un tapis de plastique plein de bulles, qui sert à protéger les objets fragiles, il se gare devant la maison. Elle est trop grande pour un seul homme, murmure t-il sans sen apercevoir. Il frappe. Pas de réponse. La porte est entrouverte, il entre, au fond une pièce lattire, malgré que le jour soit levé la lumière y est encore éclairé. Cest une très grande salle à manger, trop vide, tout ici dailleurs paraissait vide, sans vie, comme si jamais personne ny venait. Cétait propre mais pas impeccable, cétait une maison dhomme seul, grande, belle, mais sans âme sans traces de passages, de fêtes, de joies. Cétait comme chez lui mais en grand.
Sur une immense table, est posé une sorte de carte postale, il sen approche, elle ne peut être que pour lui, il le sent, dailleurs il ny a que ça dans cette pièce la table quatre chaises et cette carte sur lequel il est inscrit « La liberté se vole » il la retourne et lit :
Max,
Si tu es venu après mon appel, je ten remercie, tu seras donc le seul ou du moins le premier à lire ce mot. De toutes manières, il est pour toi.
Il y a si longtemps que lon ne sest pas parlé, jaurais tellement aimé te dire tant de choses, des choses que se disent des frères. Même petit on ne parlaient pas, devant la télé le mercredi, on riaient, mais chacun son rire, sa raison et pas de partage.
Les mots sur mes livres, tout ces mots, javais parfois limpression de les écrire pour toi, même si leurs sens, navaient rien a voir avec notre histoire. Tu étais la seule personne à qui jaurais aimé dire tant de choses.
Je sais, que tu as toujours mis devant moi le mot « demi » mais dans mon cur, tu as toujours été entier.
Je sais aussi, que tu as toujours pris mes faits et gestes comme des affronts. Ton regard, devant la rose rouge, ma tout fait comprendre et je nai jamais osé te dire, que cette fleur la, elle était pour toi, pour que tu voies justement, que dans la pâleur de ta vie il y avait encore quelquun, mais une fois de plus, jai été maladroit ou toi, trop plein de haine. A tu déjà pensé que jamais même tout petit nous nous étions donnés la main, même pas à lenterrement de mon père. Nous nétions même pas lun près de lautre, pourtant jaurais aimé que tu sers ma main, toi mon grand frère.
Tu ne peux pas timaginer non plus, à quel point maman taimait. Lorsque tu es partit de la maison, elle te prenait toujours pour exemple et cest un peu grâce à toi que je suis devenu écrivain, car elle me disait que petit, tu allais toujours à la bibliothèque. Alors faute de se parler tu me lirais sûrement. Je suis sûr, que tu nas jamais tenu un de mes livres dans tes mains et que la seule chose que tu es lu de moi, ce soit cette carte.
Voila tout est dit, je crois, viens dans le jardin et tu me trouveras, je suis sur que tu auras des tas de choses à me dire, dis les ou que je sois, je tentendrai
Tu a été ma plus grande histoire, mon frère, mon exemple.
Frédéric.
Essuyant du revers de sa manche une des nombreuses larmes quil allait verser, Max réalise dun coup les derniers mots quil vient de lire il distingue derrière la baie vitrée le jardin, sy précipite, il ne met pas longtemps pour découvrir Fred assis sur une vielle balancelle il lappelle et se dit que ça ne sert à plus rien au moment ou il voit les trois boîtes de somnifères et la bouteille de scotch près de lui et comme pour être sur de ne pas rater, son départ, ses poignets sont tailladés, le sang ny coule même plus.
Il sapproche et le prend dans ses bras, il navait jamais vu quil était si frêle et léger, il va vers le fond du jardin et sassoit par terre pose la tête de son frère sur ses genoux et lui caresse la joue, la mouille de ses larmes quil ne retient plus, refuse de sentir la froideur de cette peau et parle, parle tellement que la journée se passe il sent la raideur semparer du corps mais lui dit encore toutes ses choses quil a gardé et quil ne savait même pas avoir en lui.
Vers dix-neuf heures il saperçoit enfin que la journée est passée, et se décide à lâcher le corps, se lève en le posant tendrement sur lherbe, puis se dirige vers la maison et trouve le téléphone.
En approchant lémetteur de ses lèvres il se dit que les derniers souffles de vie de Fred étaient sûrement la dedans il ne peut sempêcher dy approcher son nez et prendre une forte respiration mais comme tout les combiné de téléphone, ça empeste.
Il appelle la police et dit simplement, après avoir donné ladresse de la maison « mon petit frère est mort ».
Et ce soir dans sa cuisine devant sa tranche de colin, il pense à toutes les questions, que lui ont posé les policiers, à toutes celles auxquelles il devra sûrement répondre, lors des prochaines convocations. Mais il pense surtout, que maintenant il disait en parlant de Fred « mon petit frère » et quaujourdhui il avait tant damour à offrir mais plus personne pour le recevoir.
Il essuie une larme et se dit « ce sont les échalotes » puis repense au dernier quart dheure passé près de son frère, avant que narrive la police. Il sétait rassit sur lherbe, prit sa main froide et avait laissé son regard apprécié pour eux deux, les derniers rayons du soleil se couchant dans le champ voisin.
Tout cela se mit à ressembler soudain dans le crépuscule imminent, à une immense carte postale.
JVM