-Bonjour Madame Velin, quelle histoire, ils sont vraiment insupportables…
-Attendez Monsieur Michel, de qui parlez vous ?
-Les trois petits Kitous …
- Les quoi ? Les Ki … les Ki quoi ?
-Les Kitous là vous ne voyez donc pas ?
-Non. Je ne vois rien du tout à part vous.
- Ils ne me laissent pas un instant à moi et ne savent dire que Kitou Kitou …
-Alors vous les appelez des Kitous.
-Oui
- Je ne vois toujours rien.
-Aie aie aie !!!!
-Mais que vous arrive t il encore ??
-Ils me piquent les mollets avec leurs parapluies.
-Bon, Monsieur Michel calmez vous, je me trouve certainement dans un de vos rêves farfelus.
-Mais …
-Allons, allons…
-Mais je…
-Calmez vous on parlera de tout ça demain.
- (Ronflements)……
-Si vous vous en souvenez bien sur.
-(Ronflements).
JVM.
J’ ai un seul doigt valide par mains, les huit autres sont devenus au fil du temps, un enchevêtrement de racines, se mêlant a mes veines et mes muscles, pour faire tenir droit, les deux baobabs qui me font dire souvent : « plus tard, plus tard j’ai trop mal aux poignets… » ne croyez pas que ce soit les mains les plus à plaindre. Le poignet fait charnière, il doit toujours être sous tension, pour ne pas plier d’un coup et risquer de déstabiliser cette végétation, au point de déséquilibrer tout un écosystème et mettre en péril les touches de mon clavier, qui ne saurait que faire de mes dix doigts…
A part ça j’écris chanson, poèmes, nouvelles qui revent devenir romans. J’ai un très gentil fiston, une très patiente compagne, deux chiens, un chat, et une grosse araignée dans un coin de la tête. Elle descend quelques fois vers les branches feuillues de mes arbres, pour y récolter quelques insectes. Un de mes chiens, le mâle, apprécie aussi mes baobabs, surtout le bas des troncs, mais rassurez vous, il fait le plus souvent ses besoins dehors.
Mon fils y construit parfois des cabanes, mais la position paumes en l’air me fatigue énormément. Alors quand j’entend des gens dire que je ne sais rien faire de mes dix doigts, ça me met mal a l’aise, je sent derrière mes dents serrées cogner des mots du style : « Mais vous ne voyez donc pas cette jungle dans mes mains? Ne seriez vous pas maladroits à ma place ? »
Mais je n’ose les blesser, car je ne crois pas qu’ils sachent a quel point, le lierre qu’ils ont sur le visages a envahit leurs yeux. Comme on dit : A chacun sa croix …
Je vous convie donc à me découvrir un peu dans les lignes qui suivront car parler de moi ça me fatigue, pas vous ????

JVM
La cinquieme saison


